Étape 15 - dimanche 18 janvier 2009 | Buenos Aires
Échos
Hidalgo en terrain connu
Il y a des visages que l’on ne s’attend pas Ă voir sur un bivouac du Dakar. Pourtant celui de Michel Hidalgo n’est pas complètement inconnu pour les plus anciens du rallye. L’ex sĂ©lectionneur de l’équipe de France de football avait en effet disputĂ© l’épreuve il y a près de 20 ans : « C’était en 1991 avec Thierry Delli-Zotti et ça reste un souvenir extraordinaire. C’était un monde nouveau pour moi. Nous avions fini 21ème mais je n’avais pas fait grand chose. Je me contentais de donner Ă manger Ă Thierry, explique l’entraĂ®neur qui avait conduit les Bleus au titre europĂ©en en 1984. Mais ma femme n’a pas voulu que je le fasse Ă nouveau. A l’époque il n’y avait pas de portables et elle s’inquiĂ©tait ». L’homme n’a jamais cessĂ© de suivre le Dakar depuis. Et c’est en Argentine qu’il a retrouvĂ© l’épreuve, pays oĂą il avait participĂ© Ă sa première coupe du monde Ă la tĂŞte de l’équipe de France. « C’est une passion qui m’est restĂ©e ». Il est aujourd’hui le « parrain de Dakar » d’Isabelle Patissier : « un sacrĂ© bout de femme ».
Patronelli, maître des lieux
Le Dakar en Amérique du Sud, c’était à la fois une fête pour son public et un défi pour les pilotes du cru. Naturellement, les Argentins et Chiliens n’ont jamais été aussi nombreux engagés sur le rallye, avec des ambitions diverses qui correspondent assez peu aux résultats constatés à l’arrivée. A moto, Francisco Lopez, légitimement présenté comme un favori pour le titre, a rapidement été mis hors du coup, et doit au final se contenter d’une victoire de spéciale suivie de bains de foule dans son pays. Les frères Prohens, Felipe et Jaime, sont finalement les meilleurs représentants des pays visités, en 16ème et 40ème position. Quatre motards argentins ont accompli le trajet retour jusqu’à Buenos Aires, avec Aurelio Junco Andres en tête (60ème). En autos, Orlando Terranova est longtemps resté un prétendant au Top 5, mais son empressement a mis fin à sa course dans l’étape 10. Au rayon des déceptions des régionaux de l’étape, Eliseo Salazar termine le rallye, mais à la 88ème et antépénultième place !
Finalement, c’est Ă l’Argentin Marcos Patronelli que revient la performance rĂ©gionale la plus remarquable. Pour sa première participation au Dakar, ce jeune chef d’entreprise s’est tout simplement classĂ© 2ème de la catĂ©gorie quad, Ă 2h34’ du quasi-intouchable Josef Machacek : « Quand je pense Ă tout ce qui s’est passĂ©, c’est dur de rĂ©aliser. Durant toute la course j’ai fonctionnĂ© Ă©tape après Ă©tape. Et Ă mi-course j’ai pris confiance ».
Bernat-Salles première !
Il est passĂ© du rugby aux pistes du Dakar avec le mĂŞme bonheur sportif. Premier Dakar au volant d’un Bowler aux cĂ´tĂ©s de Gilles Lafeuillade et première rĂ©ussite ! Philippe Bernat-Salles a bouclĂ©, sous 40 degrĂ©s, non loin de Rosario, son premier Dakar. Quand il sort, hier, de la voiture 412 Ă l’arrivĂ©e de cette dernière spĂ©ciale, ses amis bĂ©arnais se prĂ©cipitent : drapeau, mais aussi une bière bien fraĂ®che. L’ancien ailier international salue tout le monde et allume, serein, la clope du devoir accompli. Quelques bouffĂ©es et quelques photos plus loin il revient sur cette expĂ©rience : « Je suis content d’être arrivĂ©. Content pour Gilles et tous ces passionnĂ©s du Team 100% Sud Ouest. Deux ans qu’ils bossent sur ce projet ! J’avais, du coup, cette responsabilitĂ© d’amener la voiture au bout. On se bat toujours pour quelque chose, quand on est sportif, mais lĂ je suis d’abord comblĂ© humainement. C’est un ensemble de choses : tous ces bĂ©nĂ©voles qui bossent toute la nuit et quand tu passes ils ont un mot, une attention. Si je peux, je reviens. » Son copilote Gilles Lafeuillade, habituĂ© du Dakar, lui, est Ă©galement aux anges : « On a fait 25ème de la grande Ă©tape de dunes au scratch ! On a fait un beau truc avec quelques moments très Dakar, comme quand on change la boĂ®te de vitesse dans la nuit deux jours avant Valparaiso. » Philippe Bernat-Salles termine 71ème.
Une première pour « Betty »
En pendentif, Elizabeth Kraft porte une triplette de mini plaques de dĂ©sensablage. Un bijou peu commun pour une vĂ©tĂ©rinaire, qui lui a Ă©tĂ© remis Ă l’arrivĂ©e du rallye des Gazelles, oĂą elle a dĂ©couvert le rallye raid. C’était le dĂ©but d’un parcours qui l’a menĂ©e Ă s’engager trois ans plus tard sur le Dakar. Après 14 jours d’une course Ă©reintante, elle est devenue la première femme Ă terminer le Dakar sur un quad. De plus, sur les 13 quads qui ont atteint l’arrivĂ©e, « Betty » se classe Ă la 8ème position, pendant que deux autres filles ont lâchĂ© prise en route : « Mon but, c’était de devenir la première femme Ă finir le Dakar en quad, mais aussi de cramer quelques garçons au passage. Et j’ai rĂ©ussi sur les deux plans. Mais sincèrement, j’ai tellement souffert que je comprends pourquoi aucune n’y Ă©tait arrivĂ©e auparavant ! Il y a eu un jour oĂą j’ai failli abandonner 25 fois ».
