Le parcours
Parcours 2010 : atout sable
Le triptyque dessiné pour le Dakar 2010 sur les territoires argentins et chiliens promet à chaque profil de pilote une séquence adaptée à ses qualités. Le séjour prolongé dans le désert d’Atacama constituera l’apogée d’une boucle de 9 000 kilomètres à travers le continent. Mais l’équilibre général du parcours, avec des difficultés variées, impose à tous régularité et vigilance jusqu’au bout.
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Acte I : trouver le tempo juste
Parler d’entrée en matière minimiserait la teneur des trois premières étapes du Dakar 2010. Les journées seront longues, et pas uniquement en liaison. Sur des spéciales déjà conséquentes, les pilotes les plus fins trouveront l’occasion de prendre des positions à partir desquelles ils pourront capitaliser. Les sols durs seront propices à des prouesses techniques pour les experts de la trajectoire. Ils devront toutefois rapidement convertir leurs talents pour aborder les premières petites dunes de sable blanc, qu’ils rencontreront aux abords de Fiambala.
Acte II : les dunes d’Atacama !
Ceux qui ont déjà visité le Paso San Francisco en 2009 s’y rendront cette fois-ci dans le sens inverse. La route qui y mène, consacrée comme l’une des plus belles du monde, servira ici d’entracte avant de s’attaquer à une exploration détaillée du désert de l’Atacama. Dans l’étendue la plus aride du monde, que les concurrents découvriront cette fois-ci jusqu’à la ville d’Iquique, c’est le royaume du franchissement. Durant cinq étapes, entrecoupées d’une journée de repos à Antofagasta, les pilotes et équipages effectueront une plongée dans le nord Chili, où le kilométrage de hors-piste sera prédominant. Il s’agit sans aucune équivoque de la partie la plus dure et la plus longue du rallye, avec des liaisons toujours très réduites : le chrono ne s’arrête jamais.
Acte III : la route des contrastes
Le changement de décor se produit maintenant tous les jours. S’il n’y a qu’un seul mot pour parler du sable, tous les types de sols seront en revanche expérimentés sur le trajet retour vers Buenos Aires, de la dune à la plaine en passant par les chemins sablonneux qui gravissent les collines de la province de Mendoza. En plus des terrains, c’est aussi au niveau visuel que les contrastes saisiront les concurrents, en quittant les reliefs de la Cordillère des Andes. Sur cette dernière partie, deux étapes sont suffisamment longues et exigeantes pour provoquer des écarts significatifs. À l’heure où l’usure rentrera aussi en ligne de compte, les positions ne seront pas figées.
| DATE | DÉPART | ARRIVÉE | Liaison | Spéciale | Liaison | TOTAL |
| 01/01 | Buenos Aires | Colon | 317 km | 0 km | 0 km | 317 km |
| 02/01 | Colon | Cordoba | 349 km | Motos/Quads : 219 km | 84 km | 652 km |
| Autos/Camions : 251 km | 684 km | |||||
| 03/01 | Cordoba | La Rioja | 56 km | Motos/Quads : 294 km | 276 km | 626 km |
| Autos/Camions : 355 km | 687 km | |||||
| 04/01 | La Rioja | Fiambala | 259 km | 182 km | 0 km | 441 km |
| 05/01 | Fiambala | Copiaco | 394 km | 203 km | 32 km | 629 km |
| 06/01 | Copiapo | Antofagasta | 90 km | 483 km | 97 km | 670 km |
| 07/01 | Antofagasta | Iquique | 180 km | 418 km | 0 km | 598 km |
| 08/01 | Iquique | Antofagasta | 37 km | 600 km | 4 km | 641 km |
| 09/01 | Journée de repos | |||||
| 10/01 | Antofagasta | Copiapo | 96 km | 472 km | 0 km | 568 km |
| 11/01 | Copiapo | La Serena | 0 km | 338 km | 209 km | 547 km |
| 12/01 | La Serena | Santiago | 112 km | 238 km | 236 km | 586 km |
| 13/01 | Santiago | San Juan | 211 km | 220 km | 3 km | 434 km |
| 14/01 | San Juan | San Rafael | 23 km | 476 km | 297 km | 796 km |
| 15/01 | San Rafael | Santa Rosa | 76 km | 368 km | 281 km | 725 km |
| 16/01 | Santa Rosa | Buenos Aires | 166 km | 206 km | 335 km | 707 km |
| TOTAL | 2 366 km | Motos/Quads : 4 717 km | 1 854 km | 8 937 km | ||
| Autos/Camions : 4 810 km | 9 030 km | |||||
Avec près de 3 500 km de distance entre la frontière bolivienne et les extrémités de la Terre de Feu, l’Argentine a la carrure d’un État-continent. Son étendue, sur l’axe nord-sud comme sur la ligne est-ouest, donne plusieurs visages au pays. Sur le plan du climat, du relief ou du mode de vie, c’est la variété qui caractérise les nombreuses régions qui forment l’Argentine.
Si les contrastes sont nombreux en matière de paysages, la passion pour les sports mécaniques est en revanche uniformément répartie sur le territoire. De Buenos Aires, où les concurrents ont goûté à leurs premiers bains de foule, à Cordoba, où les aficionados habituels de la manche de coupe du monde de WRC s’étaient tous donné rendez-vous, l’engouement populaire a été constant.
Les Argentins ont connu quelques désillusions avec les pilotes qui les représentaient sur le rallye. Leur porte-drapeau désigné, Orlando Terranova, au volant d’une BMX X3, a quitté la course prématurément après avoir pourtant justifié sa place dans le Top 10 sur les neuf premières étapes. Ses fans ont ensuite reporté leur enthousiasme patriotique sur le quadiste Marcos Patronelli, 2e de sa catégorie à l’arrivée finale à Buenos Aires.
Long et mince. La physionomie du Chili, dont les limites sont imposées d’un côté par l’océan pacifique, de l’autre par la chaîne andine, en fait un des pays les plus étendus de la planète. Avec 4 300 km du nord au sud (près de 5 400 km de littoral au total !), le Chili n’a pas d’équivalent dans le domaine. En revanche, sa largeur n’excède jamais 349 km et rétrécit même jusqu’à une quinzaine de kilomètres dans le sud. Sur ce territoire filiforme, tous les types de climat sont déclinés, ainsi que tous les reliefs.
Du désert d’Atacama, réputé comme le plus aride du globe, aux montagnes de la Cordillère, les pilotes et équipages du Dakar ont goûté à une palette de paysages complète. Question sport, les Chiliens avaient perdu tout espoir d’assister au triomphe total de leur ambassadeur de luxe, Francisco Lopez, largué au classement général dès la première étape. Chaleco leur a toutefois offert un moment d’euphorie inoubliable en remportant sa seule spéciale le jour de l’arrivée du rallye sur le territoire chilien. La Présidente Michelle Bachelet s’est déplacée en personne à Valparaiso pour saluer la performance.
Étape 1 - Buenos Aires > Cordoba Vendredi 1er et samedi 2 janvier
Motos / Quads
- Liaison : 349 km
- Spéciale : 219 km
- Liaison : 84 km
- Total : 652 km
Autos / Camions
- Liaison : 349 km
- Spéciale : 251 km
- Liaison : 84 km
- Total : 684 km
En passant par Calamuchita
Dans les premiers jours du rallye, les dépassements sont parfois malaisés. Pour faciliter la cohabitation entre les motos et les voitures, un parcours dédoublé a été dessiné, avec un kilométrage légèrement plus faible pour les deux roues. Si les pistes empruntées se séparent sur deux tronçons, le programme reste similaire, avec des pistes qui séduiront les accros à la glisse. En autos, les experts noteront le clin d’œil à la manche argentine de WRC, qui a ses habitudes dans la vallée de Calamuchita. Les virtuoses du volant auront ici l’occasion de s’exprimer.
Étape 2 - Cordoba > La Rioja Dimanche 3 janvier
Motos / Quads
- Liaison : 56 km
- Spéciale : 294 km
- Liaison : 276 km
- Total : 626 km
Autos / Camions
- Liaison : 56 km
- Spéciale : 355 km
- Liaison : 276 km
- Total : 687 km
Sensations en double
Toujours pour éviter les manœuvres délicates, les motos et quads auront comme la veille un parcours dédié. Sur la majeure partie de la spéciale, les adeptes du cross et de l’enduro se régaleront des sauts en aveugle et des enchaînements de virages. Ils aborderont ensuite un environnement plus sauvage : moins sinueux, mais plus caillouteux. Les pilotes engagés en autos et camions auront quant à eux à économiser leurs freins dans une longue descente en milieu de spéciale.
Étape 3 - La Rioja > Fiambala Lundi 4 janvier
- Liaison : 259 km
- Spéciale : 182 km
- Liaison : 0 km
- Total : 441 km
Le bac blanc
C’est sur le troisième jour de course proprement dite que les concurrents passeront un premier test. Le changement de contexte est radical : on passe de la terre au sable, et l’on s’attaque surtout à une portion de dunes de près de 30 kilomètres. Hormis leur dimension, qui convient parfaitement à un début de rallye, ces dunes se caractérisent par leur couleur blanche. Dans ce nouveau décor, les équipages reprendront goût au hors-piste. Ils devront aussi se prémunir contre les variations climatiques, et spécialement le vent de sable, fréquent dans la région.
Étape 4 - Fiambala > Copiapo Mardi 5 janvier
- Liaison : 394 km
- Spéciale : 203 km
- Liaison : 32 km
- Total : 629 km
Bienvenue en Atacama
Les organisateurs ont pris soin de ménager les concurrents dans cette journée consacrée dans un premier temps au passage de la frontière. Après un départ extrêmement matinal, la traversée de la Cordillère des Andes se fera en liaison. À cette altitude parfois supérieure à 4 000 mètres, les frissons seront liés à la température autant qu’à la beauté des paysages. La redescente, côté Chili, conduira ensuite les pilotes et équipages vers une spéciale de désert absolu. La distance relativement courte de l’exercice permet encore d’effectuer les derniers réglages pour une configuration « sable » que les véhicules garderont pendant plusieurs jours.
Étape 5 - Copiapo > Antofagasta Mercredi 6 janvier
- Liaison : 90 km
- Spéciale : 483 km
- Liaison : 97 km
- Total : 670 km
Terrain miné
La région est réputée pour sa densité en mines d'or et de cuivre. C'est bien le thème du labeur que vont expérimenter les pilotes sur leur route vers Antofagasta, aussi exigeante physiquement que nerveusement. Les pistes ouvertes mais caillouteuses de début de journée ne laissent aucun répit en termes de concentration. Et les portions de hors-piste qui suivent demanderont une solidité sur tous les plans : c'est ici que les pilotes auront à se débattre dans du fesh-fesh, dénommé guadal dans cette partie du continent. Au terme de cette étape où les changements de rythme seront nombreux, la notion d'endurance commencera à prendre tout son sens. Les moins vigilants auront déjà commis des erreurs.
Étape 6 - Antofagasta > Iquique Jeudi 7 janvier
- Liaison : 180 km
- Spéciale : 418 km
- Liaison : 0 km
- Total : 598 km
Cap au nord
Les efforts sont équitablement répartis sur la spéciale du jour. Sur les tronçons de hors-piste du premiers tiers, la poussière invitera à la prudence. Les pistes larges et roulantes qui constituent le cœur du programme obligeront ensuite ceux qui " jouent des places " à maintenir un rythme élevé. Ils auront toutefois intérêt à garder une bonne dose d'énergie, puisqu'un erg " à l'africaine " les attend au cœur d'une portion sablonneuse d'une cinquantaine de kilomètres. Mais pour le final, la récompense reçue sera à la hauteur des difficultés. Après avoir escaladé une dernière dune, les concurrents s'engageront en descente sur un toboggan de sable de près de trois kilomètres, avec Iquique et les vagues de l'Océan Pacifique à l'horizon. Un spectacle inoubliable.
Étape 7 - Iquique > Antofagasta Vendredi 8 janvier
- Liaison : 37 km
- Spéciale : 600 km
- Liaison : 4 km
- Total : 641 km
" C'est quoi, un salar ? "
La plus longue spéciale du rallye est aussi la plus variée. Si l'on quitte toujours Iquique avec regrets, la splendeur des paysages donne du cœur à l'ouvrage, tout comme la dimension ludique des dunes de sable à avaler en première partie de journée. La technique idéale sera beaucoup plus difficile à trouver au moment de traverser un salar, d'environ 3 kilomètres. Sur cette étendue jonchée de gros blocs de sel séchés, certainement inédite pour la majorité des concurrents, la vitesse chute sous la barre des 10 km/h ! Une fois la plaisanterie digérée, les pistes menant à Antofagasta sont en majorité roulantes et ouvertes. Le menu étant copieux en sable et en kilomètres, un point de règlement autorise les pilotes et équipages à rejoindre le bivouac jusqu'à 18h00 le lendemain, pendant la journée de repos.
Étape 8 - Antofagasta > Copiapo Dimanche 10 janvier
- Liaison : 96 km
- Spéciale : 472 km
- Liaison : 0 km
- Total : 568 km
Dessert de dunes
La centaine de kilomètres de liaison matinale permet de sortir d'une zone fréquemment brumeuse, afin de donner le départ de la spéciale dans des conditions optimales de visibilité. Si la journée de repos a rempli son rôle, les débats pourront reprendre sur cette avant-dernière étape dans l'Atacama. Sur un terrain caillouteux en début de spéciale, les minutes sont facilement perdues en cas de faute pour un vainqueur en puissance. Avec les kilomètres, le rythme de croisière devrait augmenter progressivement, jusqu'à ce que l'on pénètre dans les zones dunaires, de plus en plus nombreuses à l'approche de Copiapo. Ceux qui veulent profiter du panorama final ont interdiction de lézarder : l'étape est longue et les journées sont courtes.
Étape 9 - Copiapo > La Serena Lundi 11 janvier
- Liaison : 0 km
- Spéciale : 338 km
- Liaison : 209 km
- Total : 547 km
Motards, en rangs par 20 !
Pour la dernière journée dans l'Atacama, l'occasion est donnée de faire le plein de sable et de dunes : c'est principalement sur les 180 premiers kilomètres que les difficultés seront concentrées. Le terrain étant particulièrement ouvert, un départ en ligne est prévu pour les motards, par vagues de vingt pilotes. A ce stade de la course, les leaders sont identifiés dans chaque catégorie, mais le podium peut être bouleversé à tout moment. De même, ceux qui atteignent La Serena ont certainement couvert la partie la plus difficile techniquement. Mais il reste à couvrir la distance, avec sang froid et sans précipitation. Pour les amateurs, c'est sur ces qualités que le Dakar se joue.
Étape 10 - La Serena > Santiago Mardi 12 janvier
- Liaison : 112 km
- Spéciale : 238 km
- Liaison : 236 km
- Total : 586 km
Petite, mais capitale
La fin du séjour en Atacama rappelle à tous que le Chili s'étend avant tout sur des territoires vallonnés. La végétation y est riche et variée, ce que pourront constater les concurrents sur leur route vers Santiago. En chevauchant les collines, ils auront aussi à s'acclimater à des tracés à nouveau sinueux, où les erreurs de trajectoires peuvent se payer en minutes, voire en heures. Il y a beaucoup plus à perdre qu'à gagner sur l'étape du jour.
Étape 11 - Santiago > San Juan Mercredi 13 janvier
- Liaison : 211 km
- Spéciale : 220 km
- Liaison : 3 km
- Total : 434 km
En saluant l'Aconcagua
C'est par le Paso Libertadores, perché à 3500 mètres d'altitude, que les concurrents quitteront le Chili pour rejoindre l'Argentine, où sera organisée la spéciale du jour. Pour les cinquante premiers kilomètres, qui constitueront l'unique tronçon du rallye réellement disputé en altitude, les mécaniciens auront pris soin d'effectuer les réglages servant à compenser la perte de puissance. Les pilotes évolueront ici sur les hauts plateaux andins, avec en fond visuel le célèbre Aconcagua, qui domine la région du haut de ses 6859 mètres. Pour rejoindre San Juan, il faudra ensuite se frayer un chemin dans les rios. Entre temps, les autos et surtout les camions auront à préserver leurs freins dans une longue descente de près de 20 kilomètres.
Étape 12 - San Juan > San Rafael Jeudi 14 janvier
- Liaison : 23 km
- Spéciale : 476 km
- Liaison : 297 km
- Total : 796 km
Entre fées et dinosaures
Pour la plus longue étape du rallye, le programme est aussi mouvementé que spectaculaire. On quitte la région des dinosaures sur des pistes traversées par des rios, entourées de petits canyons et autres cheminées de fées. Après environ 200 kilomètres de spéciale, les concurrents reprendront momentanément la route afin d'éviter un site naturel classé. La deuxième partie, exclusivement sablonneuse, imposera de nombreux sauts. Les motards peuvent se préparer à en prendre " plein les bras ", et les meilleurs d'entre eux ne devraient que très rarement dépasser les 100 km/h. La journée est d'autant plus fatigante qu'elle se termine par une longue liaison.
Étape 13 - San Rafael > Santa Rosa Vendredi 15 janvier
- Liaison : 76 km
- Spéciale : 368 km
- Liaison : 281 km
- Total : 725 km
La vie en gris
A la veille de l'arrivée, le classement peut encore être chamboulé. Nul ne doit se considérer à l'abri d'un plantage, dans le sable gris des dunes de Nihuil, les dernières du rallye. Après ce passage d'une quarantaine de kilomètres, ce sont des pistes larges et rapides qui conduiront jusqu'à l'arrivée de la spéciale. Ces portions représenteront l'une des rares occasions de tester sur la longueur la vitesse de pointe des véhicules, tout en ménageant la mécanique.
Étape 14 - Santa Rosa > Buenos Aires Samedi 16 janvier
- Liaison : 166 km
- Spéciale : 206 km
- Liaison : 335 km
- Total : 707 km
Célébrer les héros
Du premier au dernier, la concentration reste de mise sur l'ultime étape, où les statistiques sont formelles : on enregistre presque toujours une poignée d'abandons à quelques longueurs du but. Les 206 kilomètres de la spéciale, parcourus sur des pistes très rapides, doivent donc être appréhendés avec la plus grande vigilance. A l'arrivée, les héros de cette 32ème édition seront dans un premier temps célébrés dans le village de San Carlos de Bolivar. Les aficionados, conscients que les moments de joie les plus intenses sont à saisir sur la ligne, seront nombreux à faire le déplacement. Après une avalanche d'émotions, les concurrents feront route vers Buenos Aires, où un nouveau bain de foule est à prévoir.


