Chute, essence et première galère
Laia Sanz ne met jamais en avant ses 11 titres mondiaux de trial. Elle a débarqué sur le Dakar l'an dernier en toute discrétion et a signé une apparition des plus prometteuses : 45ème pour une découverte pas si mouvementée. Sur cette première partie de l'édition 2012 la catalane a connu le chaud et le froid que fait souffler le rallye même sur les mieux préparés. « Tout allait bien sur la 4ème étape. J'avais fini 35ème la veille. Et puis, d'un coup, une pierre me fait perdre le contrôle de la moto. En chutant je me blesse légèrement la main droite mais, surtout, comme on sur un terrain pierreux, le réservoir avant est perforé. Et à 30 km de l'arrivée je tombe en panne d'essence. Avec Marc (Guash) on arrive à passer l'essence avec le tube de mon « Camelback ». mais je finis 86ème. » L'anecdote a fait perdre près d'une heure à la trépidante pilote. En ajoutant les 40 minutes de pénalisation pour deux way points oubliés le ciel sans nuage de Laia s'est un peu grisé «En fait on est passé à 100 mètres en dehors du rayon des way points» remarque encore Sanz. « J'ai la rage car c'est dur de partir de plus loin. Les traces sont confuses. Les voitures te rattrapent. » Laia, championne avant tout, a déjà une motivation toute trouvée pour la deuxième semaine.

Quand le Dakar purifie les âmes
Juan Dibos est grand. Cheveux grisonnants et verbe alerte il a la hauteur naturelle de vue de celui qui observe et analyse vite. Et puis comme un Dakar ça se prépare il avait fait les choses sérieusement pour sa première participation. Avec son copilote, Gustavo Medina, et les conseils de Fuerza Inca, le groupement de tous les participants péruviens au Dakar 2012, il avait confronté les expériences et il savait où il mettait les roues de son FJ Cruiser. «En fait, les trois premières étapes se sont déroulées très bien. J'ai même pensé ‘Le Dakar est peut-être plus facile que ce que l'on nous avait dit'… » Puis est arrivé la 4ème étape. « Tout s'est compliqué quand nous avons décidé de gérer un peu. Deux kilomètre plus loin on tombait dans une saignée en doublant un motard. La voiture piquait du nez et se mettait sur le côté. Avec la boue on ne pouvait rien faire. Très vite une trentaine de locaux sont venus nous aider. C'est finalement au bout de trois heures qu'on est sorti mais de l'huile était rentrée dans les cylindres. La voiture ne démarrait plus. Grâce à Diego Weber on a pu repartir mais la nuit est arrivée et c'était le fesh-fesh. Alors, avec un argentin, Andrès Germano, on est sortis de la piste et nos copilotes marchaient pour que l'on ne s'égare pas. On est arrivés au bivouac à 1h00 du matin. Là j'ai compris ce qu'était vraiment le Dakar : une dureté qui te purifie l'âme. »

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