Dakar

Un écusson pour nouer le fil de la solidarité

L'ONG ‘Un techo para mi pais', présente sur le Dakar pour la 4ème année consécutive, a lancé une campagne de sensibilisation des pilotes aux problèmes de la région avec l'opération « Rejoins la course contre la pauvreté', une campagne soft pour afficher sur son uniforme de course ou son véhicule le logo de la l'association.

    C'est un petit sas par lequel ils doivent tous passer. Aucun pilote, célèbre ou pas, ambitieux sportivement ou non, n'échappe à cette entrée qui relie le dédale des vérifications administratives et les deux énormes tentes des contrôles techniques. C'est là que les volontaires de l'ONG ‘Un techo para mi pais' sont installées. Outils en mains elles abordent les concurrents. Rien à voir avec les instruments habituels des mécaniciens d'un rallye raid. C'est avec un fil et une aiguille que Maria, Candida ou Lucia  proposent de coudre sur la veste de course du pilote l'écusson qui représente le logo de l'association. Une petite maison avec un toit bleu et un message à la clef que Maria del Pilar Tagle répète à l'envie. « Nous avons lancé l'opération ‘Rejoins la course contre la pauvreté' pour sensibiliser les pilotes sur la situation des milliers de personnes qui, en Amérique du Sud, doivent vivre avec moins de 5 dollars par jour. »

    Présente dans 19 pays de la zone et disposant de 50 bureaux  ‘Un techo para mi pais' accompagne le Dakar depuis l'arrivée de l'épreuve sur le continent. Une collaboration qui a permis de récolter chaque année des fonds conséquents pour financer les programmes de construction de petites maisons de bois pour les plus défavorisés. L'an dernier, comme il est devenu traditionnel lors de la journée de repos, Etienne Lavigne, le Directeur de l'épreuve, a remis un chèque d'un montant de 112.000 dollars  au nom d'ASO. Ils ont servi à construire 30 maisons en Argentine et trois centres éducatifs au Chili. Au total 510.000 euros ont été donnés par ASO depuis 2009.

    L'accueil des pilotes et des équipes, à la proposition, est chaleureux. Lucas Bonetto a tout de suite donné sa veste, comme les membres de l'équipe Auto Gasco ou ceux de Tamarugal. Francisco Lopez ‘Chaleco' aussi a répondu positivement. « Il n'y a aucun engagement  particulier. Nous voulons juste communiquer sur notre action et convaincre les concurrents de son bien-fondé », poursuit Maria del Pilar qui a déjà pointé sur son agenda le nom de Nasser Al –Attiyah. Pour ne laisser personne en route, les volontaires proposent aussi un sticker à mettre sur le véhicule. Ce qui a fait l'affaire des Fabre, Christine et Frédéric, ainsi que du camionneur catalan  Jordi Juvanteny. En deux jours de vérifs les stickers et les écussons ont tous trouvé preneur. « Mais on en a gardé un pour le Prince » précise, avec un sourire, la responsable de la communication de l'ONG.

    Un rookie aux vérifs

    Lucas Bonetto, le quadiste argentin, a ouvert hier les trois jours de vérifications administratives et techniques.  Entre découverte et pression à l'approche du grand jour, le natif d'Ushuaia a traversé cet univers à part avec placidité. Visite guidée dans ses pas.

      Il est l'un des derniers concurrents à avoir officialisé sa participation. Wild card oblige. Il est en tout cas le premier à avoir entamé le parcours du futur combattant lors des vérifications administratives et techniques. Convoqué à  7h30 hier jeudi  et flanqué de son père, le plus jeune compétiteur de l'édition (20 ans et 3 mois) découvre et s'interroge : « Et qu'est-ce que je fais maintenant? ». Mais il y a toujours un bon samaritain pour aider un rookie débarqué de son Ushuaia natal. C'est un autre quadiste, Luciano Gagliardi, qui cicérone Lucas Bonetto. Devant lui, un voyage de plusieurs heures. Deux quand tout va très bien. Trois ou quatre le plus usuellement, selon les habitués du rendez-vous. Les trois  jours, parfois, pour qui arrive vraiment trop juste pour le départ.

      Les vérifications,  c'est d'abord un petit fascicule vert et beaucoup de cases à faire viser et tamponner.  Administrativement ce sont 23 validations qu'il faut obtenir entre le médical, les licences, l'Iritrack, Telsat, les balises ou les cours sur la sécurité qu'il faut obligatoirement suivre dans les salles dispersées sur ce chemin en U où les concurrents se croisent, s'entrechoquent  et se retrouvent avec force effusion, pour les plus assidus au Dakar. Puis c'est la partie technique. Neuf tampons seulement. Pas le plus simple pourtant.  Lucas, qui a achevé plutôt facilement la première partie, est aussi le premier à faire passer son véhicule entre les mains et surtout l'œil expert des commissaires. Tout est  vérifié et rien n'échappe à leur vigilance. "Vous avez votre deuxième casque ? » demande-t-on à Lucas. « Non, il est à l'hôtel »  répond-il.  « Il faut que nous vérifions sa conformité, sinon vous ne pourrez pas l'utiliser en course ». 

      Lucas Bonetto négocie de pouvoir l'amener demain et passe ce premier écueil. Numéros de cadre et de moteur sont aussi notés avec un petit coup de peinture rose sur la partie basse du moteur pour empêcher toute intervention.  L'un des commissaires s'étonne alors. « Il est presque vide votre réservoir ! »  Silence. « Et vous ne pouvez plus sortir votre quad jusqu'au départ car maintenant c'est le parc fermé. »  «On fera le plein juste après le départ » dit  Mario Bonetto, le père, en jetant un regard sur le quad de son fils. Sur la poignée gauche, un mini rétroviseur. « Je l'ai trouvé dans une vente d'occasions. Ça m'a plu. » Le fils, les 32 validations en poche, les problèmes du second casque  et de l'absence d'essence  réglés, regarde devant lui. Vers le 1er janvier et le départ.

      « La Feliz »… et la sportive !

      La Coupe du monde de football, la finale de la Coupe Davis, et maintenant le départ du Dakar ! Mar delPlata entretient depuis des décennies une culture sportive qui en fait une ville incontournable du pays.

        Quel est le point commun entre Juan Manuel Fangio et Guillermo Vilas ? Ils figurent tous les deux en très bonne place parmi les légendes du sport argentin, et sont surtout des enfants de Mar del Plata, qui accueille les vérifications et le départ du Dakar 2012. Car sila cité balnéaire attire surtout les touristes avec ses plages et ses casinos, elle fait aussi partie des places fortes du pays dans le domaine du sport. Bien après être né à Balcarce, à une cinquantaine de kilomètres de « la Feliz » (l'heureuse), le pilote automobile a notamment remporté le Grand Prix de Formule 1 de la ville en 1949 (avant la création du championnat du monde). Et pour célébrer le centenaire de sa naissance, une cérémonie est organisée au musée Fangio de Balcarce aujourd'hui, en présence du ministre du Tourisme Enrique Meyer et d'une délégation du Dakar.

        Guillermo Vilas a quant à lui remporté en 1981 le tournoi de la ville où il a grandi. Une tradition tennistique s'y est ensuite perpétuée, mais Mar del, comme l'appellent les Argentins, a moins porté chance à ses représentantspour la finale de Coupe Davis qui y a été organisée en 2010. Juan Martin Del Potro et David Nalbandian avait en effet été dominés par Rafael Nadal et sa bande.

        En Argentine, le football reste le sport roi. Et Mar del Plata peut se prévaloir d'avoir reçu l'épreuve reine, en 1978. D'ailleurs, l'expérience vécue par l'équipe de France dans le stade Jose Maria Minella est restée dans l'histoire, puisque les Bleus, qui s'étaient présentés sans leurs maillots officiels après une erreur d'intendance, avaient joué avec des tenues vertes et blanches prêtées par une équipe locale. La confusion n'avait pas empêché les Français de démarrer en trombe leur compétition, puisqu'après seulement 32 secondes de jeu, Bernard Lacombe inscrivait face à l'Italie le but qui était alors le plus rapide de l'histoire de la Coupe du monde.

        Le tour d'horizon des grands sportifs de la ville ne saurait ignorer Juan Esteban Curuchet. Le cycliste le plus véloce de Mar del Plata est surtout allé gagner un titre olympique sur piste lors des Jeux de Pékin, en 2008. Malgré tout, l'actualité du moment donne tous les honneurs à Omar Gandara, le seul Marplatense engagé sur le rallye cette année. Après avoir terminé l'édition 2011 en 53ème position, il a aussi grimpé quelques échelons de notoriété dans la région : « Maintenant on m'arrête dans la rue pour me parler du Dakar. Et je sens bien que dans les jours qui viennent, l'empreinte du rallye sera telle qu'il va rentrer dans les grandes dates de l'histoire de la ville ».

        à venir...






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