Dakar

Que la course commence !

443 véhicules participeront au Dakar 2012 (178 motos, 30 quads, 161 autos et 74 camions), dont le départ sera donné de Mar del Plata, en direction de Lima, que les pilotes atteindront après 8300 kilomètres à parcourir en Argentine, au Chili et au Pérou. La chasse pour les quatre titres à conquérir est ouverte.

En cette saison, les vacanciers de « la Feliz » affluent quotidiennement vers les plages. Mais aujourd'hui, le point qui aimante tous les badauds se situe légèrement en retrait, sur la Plaza Colon. Un podium y a été installé pour la présentation des équipes au public, avant de commencer la course. Le défilé se joue généralement devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, qui admirent et applaudissent cette année 443 véhicules. En dépit de l'ambiance de fête qui règne sur la ville, c'est tout de même la soupe à la grimace pour une poignée de concurrents, qui devront faire une croix sur leurs ambitions. En effet, 7 quads n'ont pas passé le cap des « vérifs » techniques, les véhicules étant trop éloignés du modèle de série qu'ils sont censés présenter. Or dans la catégorie, les « prototypes » sont interdits ! S'ils sont autorisés à prendre le départ, Josef Machacek (5 fois vainqueur), Lukasz Laskawiec (3ème en 2011), Christophe Declerck (4ème en 2011), Rafal Sonik, Antoine Leconte, Norberto Cangani et Maciej Albinowski n'apparaitront pas au classement général. La voie semble libre pour les frères Patronelli, ou en tout cas pour une bataille entre Sud-américains.

S'ils ne sont pas encore fixés sur leur sort, quatre motards se trouvent eux-aussi dans une situation qui les fera certainement sourire dans quelques jours, mais qui provoque pour l'instant quelques aigreurs d'estomac. Les motos d'Iain Stevenson, Neil Scott-Thomas, Darryl Curtis et Greg Raaf ont en effet été ralenties dans leur périple depuis les Etats-Unis. Le bateau sur lequel elles avaient embarqué n'est arrivé que dans la journée du 31 décembre à Delta Dock, à environ 500 km de Mar del Plata. Pour leur donner une chance d'achever ce premier contre-la-montre, les organisateurs ont accepté d'anticiper la partie administrative de leurs « vérifs » et de solliciter l'aide de l'administration argentine pour faciliter les procédures douanières, mais rien ne dit que les quatre motards seront au départ de la première étape. David Castera, directeur adjoint du rallye, leur a donné rendez-vous à 5h demain matin s'ils sont en mesure de présenter leurs motos pour des « vérifs » techniques simplifiées.

Les quatre victimes des hasards du trafic maritime ne pensent qu'à prendre le départ, mais une poignée de pilotes est déjà tournée  vers la victoire à Lima. C'est le cas de Cyril Despres et de Marc Coma, qui se sont présentés vêtus d'une chemise orange identique dans les allées des « vérifs ». La décontraction et la camaraderie tranche avec la tension qui marqué leur relation dans les dernières années, et le tenant du titre affiche sa bonne volonté dans ce domaine : « c'est beaucoup plus tranquille entre nous, je préfère largement commencer la course dans cet état d'esprit ». En autos, Nasser Al Attiyah fait lui aussi équipe avec un ancien rival, Robby Gordon, qui lui a confié un Hummer H3 maquillé aux couleurs du Qatar. Et c'est probablement un ancien collègue qu'il devra dominer pour tenter de conserver son titre. Car Stéphane Peterha nsel semble armé avec sa Mini pour aller chercher le 10ème titre qui lui échappe depuis plusieurs années. 

La pression monte d'un cran

Pendant la deuxième journée des « vérifs », les camions étaient à l'honneur, avec le passage des camions des teams Kamaz et De Rooy, pressentis pour se disputer la victoire. En auto et moto, les principaux outsiders du rallye établissent leurs stratégies.

« C'est impressionnant, nous avons réussi à monter le ‘bivouac des flots bleus' », s'amuse Etienne Lavigne en parcourant le bord de mer de Mardel, comme disent les Argentins. Entre les cabanes de baigneurs et la base navale, où se tiennent les vérifications administratives et techniques, une jetée accueille un grand parc d'attente, où les concurrents se sont installés pour effectuer les derniers réglages de leurs véhicules. De bon matin, on pouvait y croiser les camions des teams De Rooy, Kamaz, Tatra ou encore Man, prêts à se livrer une bataille féroce. Mais très vite, ils se sont dirigés vers les stands des « vérifs » pour se plier aux contrôles de rigueur. Les conversations lancées avec les pilotes et les observateurs révèlent que cette année, la course de la catégorie camions est plus que jamais ouverte. Les retraites de Chagin et Kabirov (9 titres à eux deux) y sont pour quelque chose, bien que la relève de Nikolaev et du jeune Mardeev soit prometteuse. La concurrence se montre surtout aussi techniquement au point que décomplexée, comme l'explique Micki Biasion, troisième élément d'une dream team emmenée par Gerard De Rooy et Hans Stacey : « Pour battre les Kamaz, il faut une équipe composée de plusieurs camions très compétitifs, explique le double champion du monde des rallyes. Et cette année De Rooy a réussi à le faire. Il y a donc une réelle opportunité de victoire ». Bien conscient de  la véracité de cette analyse, Ales Loprais affiche des ambitions plus modestes, mais n'oublie pas qu'il est également parvenu à battre les Kamaz sur le Silk Way : « Notre structure n'est pas de leur niveau, alors je vais me contenter de chasser des étapes ».

La démonstration de puissance se jouait donc en camion pour la deuxième journée de « vérifs », mais quelques trouble-fêtes de la catégorie auto étaient particulièrement attendus, à commencer par Christian Lavieille, intarissable sur les qualités du Proto 011 Dessoude qu'il compte emmener dans le Top 5, en l'avouant à demi-mots : « Pas question que je me mette la pression, même si bon nombre de pilotes scrutent avec attention la nouvelle voiture ». Du côté des deux roues, l'entrée en scène de Despres et Coma se fera demain, mais leurs contradicteurs ont beaucoup disserté aujourd'hui. Et principalement autour des pénalités qui seront appliquées à chaque changement de moteur. Frans Verhoeven fait confiance à la toute nouvelle Sherco pour viser le Top 5 et a même établi une feuille de route très précise dans ce domaine : « Nous allons jouer sur deux moteurs, parce que je pense que personne parmi les favoris ne fera le rallye avec un seul. Et j'ai prévu de le changer après 8 jours de course ». Le pari est à peu près du même ordre pour Jakub Przygonsky, 2ème du championnat du monde cette saison : « Je pense que tout le monde changera le 1er moteur, et personne le 2ème. Alors ça ne changera rien ». Chez David Casteu, tête d'affiche du team Yamaha France, il faut faire le tri entre l'info et l'intox : « on changera certainement une fois, mais le moteur est capable de tenir tout un Dakar. Il a roulé en test pendant 12000 km ! ». En fin de journée, un des ténors de la discipline semblait pourtant se désintéresser totalement du débat de l'année. La chute qui a occasionné à Francisco « Chaleco » Lopez de nombreuses factures au printemps dernier, l'a aussi incité à revenir aux fondamentaux : « Je n'ai aucune stratégie et aucune ambition. Je suis seulement content d'être là, après ce qui m'est arrivé. Je veux voir Lima ». Comme tous les pilotes et copilotes qui se retrouveront au départ du rallye dimanche matin !

Des « vérifs » couleur sable

L'atmosphère décontractée adopté par les vacanciers de « la Feliz » n'a pas totalement déteint sur les pilotes et équipages du Dakar 2012, dont le départ sera donné le 1er janvier. A Mar del Plata, les concurrents convoqués pour la première journée de vérifications se sont montrés concentrés sur leur objectif : Lima, que les meilleurs verront le 15 janvier.

Ce n'est pas une étape, mais bien un passage obligé. Et chez les pilotes et équipages du Dakar, la tension est bel et bien palpable dans les allées des vérifications techniques et administratives. La plupart ont profité un ou deux jours des plaisirs de  Mar del Plata, la station balnéaire des Portenos en vacances. Mais après la dégustation d'un bife de lomo ou de chorizo selon les goûts, et un footing matinal sur la plage pour beaucoup, il est bien temps de se consacrer sur l'essentiel. Dès l'aurore, la base navale a ouvert ses grilles aux pilotes et équipages, le premier convoqué étant aussi, fait du hasard, le plus jeune de tout le rallye : l'Argentin Lucas Bonetto, tout droit venu d'Ushuaïa, vient de fêter ses 20 ans. Avec l'avenir qu'il a devant lui, le récent champion d'Argentine de quad  a de quoi s'inspirer des frères Patronelli, qu'il a pu croiser un peu plus tard dans la journée. Alejandro, le tenant du titre, et Marcos, le vainqueur 2010, sont devenus dans le pays des références en matière de sports mécaniques. Leurs  performances sur les pistes du rallye leur ont fait gagner l'affection de tout un peuple, en même temps que le respect de l'ensemble des pilotes de la catégorie, où les données risquent de changer avec la diminution de la cylindrée des moteurs, actée cette année : « J'y suis favorable, réplique pourtant Alejandro. Maîtriser un 900cc était plus dur et plus fatigant. De toute façon cette course n'est pas une course classique. C'est d'abord une traversée humaine et un grand défi. »

Hormis pour les quads, les favoris des différents titres en jeu sont attendus un peu plus tard dans le programme. Mais la première journée a tout de même permis aux spectateurs et journalistes présents de jauger l'ambition de quelques outsiders à moto, à commencer par Jordi Viladoms, qui a justement quitté Yamaha pour une nouvelle structure italienne, Bordone-Ferrari. La jeunesse de l'équipe ne modère nullement les objectifs de l'Espagnol, longtemps porteur d'eau de Marc Coma : « nous sommes cinq à pouvoir jouer la gagne. Et je crois que l'instauration de pénalités pour les changements de moteur sera un élément décisif. Peut-être que certains arriveront à faire tout le rallye avec un seul moteur, mais parmi les favoris il y en aura peu ». Et en effet, cette menace de 15 minutes supplémentaires (45' pour le 2ème changement de moteur) était au cœur des conversations. Pal-Anders Ullevalseter, 2ème en 2010 derrière Cyril Despres, se montre plus réservé sur les capacités de rouler 8300 km sans passer par la case moteur, mais ne désespère pas de batailler pour le podium : « A mon avis personne n'ira au bout avec un seul moteur, mais même avec 45' de pénalités, on peut finir très haut dans le classement. En tout cas je suis impatient de franchir les montagnes, pour avoir ensuite une grosse dose de désert ».

L'appétit de sable du Norvégien est partagé par l'ensemble des concurrents, qu'ils soient débutants, anonymes ou favoris. Demain, les prétendants au titre de la catégorie camion seront au rendez-vous : les Kamaz de Nikolaev et Mardeev junior, les Iveco de De Rooy, Stacey et Biasion et le Tatra d'Ales Loprais. En auto,  les stands accueilleront par exemple Christian Lavieille (Dessoude) ou Bernhard Ten Brinke (Riwald). Sur deux roues, ce sera au tour de Francisco Lopez (Aprilia), Paulo Gonçalves (Husqvarna) ou Quinn Cody (Honda) d'effectuer leur circuit complet.

Réactions

à venir...

à venir...






virtual rally game




partenaires

  • Argentina - Secretaría de Turismo de la Nación
  • Gobierno de Chile
  • Gobierno Peruano
  • France 2 - 3 - 4
  • Total
  • Loctite
  • BFGoodrich
  • Elf
  • EDOX
  • Karcher
  • LAN Airlines
  • Novotel
  • Sodexo
  • Volkswagen
  • Sony Xplod
  • Donofrio
  • Branca Unico
  • Iveco
  • Monroe Fric-rot
  • Mutual
  • Agua Palau
  • Personal
  • France Infos
  • Cadena 3 Argentina
  • Diaro Los Andes
  • Futuro 88.9
  • ADN Radio 91.7 Chile
  • la tercera
  • LU6
  • la Capital
  • El Comercio
  • RPP
  • Ruedas & Tuercas
  • Automóvil Club Argentino
  • CAMOD - Confederacion Argentina de Motociclismo Deportivo
  • Fadech - Federación Chilena de Automovilismo Deportivo
  • CHILE F.M.C. Motociclismo
  • FFSA | Fédération Française du Sport Automobile
  • Fédération Française de Motocyclisme
  • Fédération Internationale de l’Automobile
  • Fédération Internationale de Motocyclisme
  • FPEM
  • Touring y Automovil Club del Peru
  • Sos Sahel Presentation
  • Un Techo para mi País
  • Maindru

communauté