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Étape 10 - mardi 12 janvier 2010 | La Serena > Santiago

  • Liaison 112 km
  • Spéciale 238 km
  • Liaison 236 km

Échos

Rose des sables

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

Elle a beaucoup œuvré pour faire connaître le Dakar en Grande-Bretagne, parfois un peu malgré elle lorsqu’elle était victime d’une vilaine chute avec explosion de la rate en 2003. Depuis, Patsy Quick a abandonné le guidon pour passer à l’assistance, à la tête du Team Desert Rose Racing. Et son rôle est multiple : « Ça va de sœur, mère, mécanicienne, team manager… Un peu de tout. En tant qu’ancien pilote du Dakar, j’essaie de rendre le rallye le plus facile possible pour nos motards ». Ils étaient d’ailleurs sept au départ à Buenos Aires, et ne sont plus que quatre encore en course sur la route de Copiapo. « Je ne suis pas là pour leur dire comment il faut faire, mais juste leur donner certaines options. Après cela dépend d’eux ». Patsy qui a du attendre 2006 pour enfin être la première Britannique à terminer le Dakar, avoue qu’elle ne serait pas contre une nouvelle expérience. « Je dois dire que si le Dakar retourne en Afrique, il y a des chances que je sois très tentée ». En attendant l’anglaise profite de ses « amis de janvier » comme elle les appelle et chouchoute sa jeune protégée Tamsin Jones, actuellement avant-dernière du classement, et qui rêve comme elle d’atteindre le bout de cette aventure unique.

Strugo, l’homme aux 25 Dakar

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

Au cumul, Jean-Pierre Strugo a passé près d’une année complète de sa vie au volant d’un 4x4 sur le Dakar. Chaque matin au départ, il se fixe toutefois un objectif sportif qui le gonfle d’énergie pour les kilomètres à avaler dans la journée. A Buenos Aires, c’est avec l’ambition de viser le podium dans la catégorie « Production » qu’il est monté dans sa Nissan préparée par le Team Dessoude. Mais les choses se sont très rapidement compliquées : « Le deuxième jour, nous avons cassé l’arbre de transmission arrière, et nous avons perdu plus de trois heures. Déjà, nous ne pouvions plus viser la victoire, mais on pouvait toujours essayer le podium. Puis nous avons eu des problèmes tous les jours, alors nous avons révisé à la baisse nos objectifs constamment. Maintenant, on ne vise plus le podium de la catégorie, mais le podium de Buenos Aires tout court ». Compétiteur acharné, le Parisien ne compte toutefois pas rallier la capitale argentine à un train de sénateur : « J’ai déjà terminé le rallye 16 ou 18 fois, alors ce n’est pas non plus totalement décisif. Il faut tout de même que nous roulions propre et vite pour nous faire plaisir ».

Despres talonné par EAS747

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

Même si son effort est loin d’être aussi physique que celui du moins bien classé des motards, le dénommé EAS 747 est au terme de la 9ème étape à un peu plus d’une demi-heure du leader du Dakar, Cyril Despres. Il s’agit là bien sûr d’un classement virtuel, celui de Virtual Dakar, le jeu officiel du rallye permettant aux internautes de se mettre dans la peau d’un motard ou d’un pilote du Dakar. Une expérience qui fait un carton : plus de 132 000 inscrits qui doivent gérer leur cap, leur vitesse, leur mécanique et leur physique. Au classement moto, le leader de Virtual Dakar possède un temps de 36h34min, alors que Despres en est à 35h58, et qui lui permettrait de se hisser à la deuxième place du général. Pour ce qui est de l’étape du jour, à destination de La Serena, Rosinette85 a voltigé dans les dunes en 2h38 mais pas autant que les vraies pilotes et notamment Marc Coma qui a franchit la ligne en 2h12.

Latrach et León, la ténacité chilienne

Copyright A.S.O. / Amaury Sport Organisation

« On savait ce qui nous attendait. Alors on s’était préparé à toutes les éventualités. » Alejandro León et son fils ouvrent, dans la foulée, la trappe latérale de leur Toyota Land Cruiser Prado et exhibent avec fierté leur caverne d’Ali Baba : tente, couverture de survie, ration, sacs de couchage, eau… « Et même un oreiller ! » dit le père, pendant que le fils, Alvaro, raconte les avatars des derniers jours : « Les 2 étapes avant le repos et le jour suivant ont ététrès difficiles : radiateur, problèmes électriques. On a tout eu. Mais on n’a pas paniqué. On a réparé. On a dormi sur ces spéciales car sinon on n’aurait pas eu la force de rentrer. » Pour leur premier Dakar, les León, père et fils, se débrouillent tellement bien qu’à la veille d’arriver à Santiago ils sont en course quand 5 autres voitures chiliennes ont disparu. Mieux, ils finissent la 9ème étape en 20ème position. « On sait vivre dehors et cela fait 5 ans qu’on participe au championnat off-road chilien » expliquent-t-ils pour faire comprendre que tout est normal. Jorge Latrach, grand et impeccablement sanglé dans sa combinaison, rejoint son compatriote. Lui aussi, à force de ténacité, il permet au drapeau chilien de flotter encore sur le Dakar. Lui aussi, est accompagné de son fils. « On est bien préparés » énonce-t-il. Les deux derniers équipages nationaux, sur 7 au départ, jubilent dans la nuit tombante de La Serena : leurs moyens limités ne les empêchent pas d’écrire une page méritoire du sport chilien. En famille, finalement.