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Après course - samedi 16 janvier 2010 | Dakar Argentina - Chile

Focus

Quand les motards passent à droite

Certains, comme Stéphane Peterhansel ou Nani Roma, sont passés du guidon d’une moto au volant d’une voiture, d’autres, et ils sont nombreux sur le Dakar 2010, ont choisi le siège de droite, celui de copilote. Expérience souvent payante.

Faire le Dakar à moto demande une préparation physique, des capacités en mécanique et un talent pour la navigation. Autant de qualités que nécessite un copilote sur quatre roues. Sur cette 32ème édition du rallye, ils sont d’ailleurs nombreux à être assis sur le siège de droite après avoir vécu le Dakar sur une moto. Il y a par exemple les deux Américains Kellon Walch, vainqueur d’une spéciale en 2005 et Andy Grider, respectivement copilotes de BJ Baldwin et de Robby Gordon dans des Hummer. Il y a aussi Jean Brucy, fidèle porteur d’eau de Fabrizio Meoni à moto, aujourd’hui engagé aux côtés de Frédéric Daubigny. Erik Verhoef, 11ème sur une KTM en 1998, a lui fait le grand pas en s’associant à Erik Van Loon. Enfin Dirk Von Zitzewitz peut se targuer d’avoir fini 7ème à moto en 98, avec deux spéciales à son palmarès, avant de remporter le rallye l’an passé en voiture aux côtés de Giniel De Villiers. Autant d’exemples qui démontrent qu’un motard devient souvent un précieux copilote.

« A moto, on doit vraiment naviguer, explique Walch. On ne peut pas se contenter de suivre des traces. On met en pratique toutes nos ressources mentales. Surtout, on apprend le Dakar de la plus difficile des façons et forcément cela aide beaucoup lorsque l’on passe en voiture ». « La moto, ça entraine les yeux à mieux voir les obstacles, précise Von Zitzewitz. Et puis physiquement, on est parfaitement préparé. L’autre atout de la moto, c’est que l’on a une meilleure capacité à se souvenir des choses ».

Le plus bel exemple de reconversion est celui-ci de Gilles Picard, qui a arrêté la compétition après le Dakar 2009. Le Français, vainqueur de 6 spéciales et 6ème en 1990 et 1992 sur une Yamaha, allait ensuite terminer 2ème du Dakar 94 en auto aux côtés d’Hubert Auriol, puis surtout remporter le rallye avec Jean-Pierre Fontenay en 1998 et avec Luc Alphand en 2006. En auto, Picard sera monté neuf fois sur le podium du Dakar. Celui qui peut d’ailleurs parler le mieux des qualités de Picard est son dernier coéquipier, Luc Alphand : « Lors de ses années à moto, Gilles était livré à lui-même, sans GPS. Ça te responsabilise. Et ensuite en tant que copilote, ça t’apporte de la sérénité. A mes côtés il avait ce calme, cette maitrise du system D, une façon très analytique de voir les choses qui lui viennent certainement de la moto ». Autres enseignement d’importance, une fois en voiture, la course n’a rien à voir avec celle en deux roues : « Gilles a justement appris à ne pas suivre les traces des motards parce qu’il sait qu’ils coupent, que les trajectoires ne sont pas les mêmes ».

Si les anciens motards ont plus que fait leur preuve dans une auto, ils sont tous unanimes sur la même chose : « A moto, on est seul au monde, on subit nos propres erreurs, insiste Von Zitzewitz. En voiture, la faute est partagée, et lorsqu’elle vient du copilote, ça peut chauffer ».